Café citoyen : Faut-il sortir du nucléaire ?

31 mai 2011 par J. REVY | 12 Commentaires | 1 010 vues

Jeudi soir s’est tenu au restaurant de l’esplanade un café citoyen sur le thème : Faut-il sortir du nucléaire ?

Yannick ERARD a tout d’abord présenté les dangers que présentent les installations nucléaires et en même temps la difficulté à réduire notre production de CO2 qui est responsable du réchauffement climatique. A son avis, la meilleure façon de diminuer notre dépendance énergétique est d’adopter la démarche Négawatt.
C’est cette démarche qui lui a permis de construire sa maison écologique.


Patrick MICHAILLE nous a ensuite proposé une vision globale de la consommation énergétique dans le monde.

Cette consommation croit de manière importante, les pays en développement doivent accroître leurs ressources, les pollutions générées par les centrales à combustible fossiles accroissent le réchauffement climatique.
Les énergies renouvelables (solaire, éolien) doivent être complétées par des moyens conventionnels afin d’assurer une continuité dans l’alimentation énergétique.
Denis GUENNEAU expose la position du conseil régional PACA qui va mettre en place une politique d’économies d’énergie afin de pouvoir se passer de l’électricité d’origine nucléaire.
D’après Jean-Marc Jancovici (voir le site Manicore) si l’on décidait de remplacer tout le nucléaire par du gaz on augmenterait ainsi nos émissions (tous gaz à effet de serre confondus) de 25% environ. Remplacer le nucléaire par du charbon (qui sera la dernière des ressources fossiles disponibles) augmente les émissions de plus de 50%.

L’enjeu véritable, reste donc la maîtrise des consommations d’énergie au niveau mondial, afin de réduire ou limiter l’effet de serre.

D’après une évaluation de l’Organisation Mondiale de la Santé, le nombre de décès, attribuables à la catastrophe de Techernobyl, survenue le 26 avril 1986 serait de 16 000, alors que pour le réchauffement climatique, lors de la canicule de 2003 (conséquence des rejets de gaz à effet de serre), une étude de l’Inserm publiée le 25 septembre fait état de 20 000 morts en France (période du 1er au 20 août) et 70 000 en Europe.
Il faudrait changer les habitudes des gens, leurs manière de se déplacer, d’habiter, de consommer. Cela semble aujourd’hui très difficile, presque insurmontable et pourtant nécessaire. Comment s’y prendre. Pour Yannick, la solution passe la le mouvement villes en transition. Pour d’autres les agendas 21 restent une solution possible.

Dans notre commune, on constate que beaucoup utilisent leurs voiture personnelle, peu d’habitation sont correctement isolées, que les habitudes de consommation se modifient difficilement. Il faut sans doute du temps et de la patience pour modifier les comportements, mais il ne faut pas se décourager.

12 Réponses pour “ Café citoyen : Faut-il sortir du nucléaire ? ”

  1. P. Michaille le 14 septembre 2011 à 14:51

    « Allemagne : l’abandon du nucléaire a un goût de charbon ». C’est le titre de l’article paru le 10 septembre dans « Marianne », avec comme manchettes :

    « Les autorités allemandes vont devoir relancer l’hyperpolluante exploitation du lignite [NB : un ersatz de houille, qui est aussi brûlé à Gardanne]; les très nombreuses consciences écolo du pays critiquent déjà ce choix ».

    « L’abandon du nucléaire ressemble à une ouverture sur l’inconnu qui inquiète les populations directement concernées par les solutions alternatives »

    et comme sous-titres

    « Ne pas dépendre de la Russie » (pour le gaz).

    « Mortel CO2″ (dans le cas de l’enfouissement)

    L’auteur s’appelle Schnee (= neige) : gageons qu’elle ne sera plus jamais blanche chez nos voisins !

  2. yannick le 13 juin 2011 à 18:15

    Après l’Allemagne, c’est au tour de l’Italie de renoncer au nucléaire.

    En effet le gouvernement italien avait passé en dec 2010 un accord avec EDF- Areva pour la construction de 4 nouveaux réacteurs EPR. Cette démarche est désormais caduque. Le référendum sur l’abandon du projet nucléaire, cloturé le 13 juin 2011 à 15h, avec 57 % de participants, à répondu à 94% OUI à la sortie du nucléaire.

    Je me demande bien ce que les Français répondraient si on leur posait la question ?
    Encore une foi le manque de démocratie directe dans notre pays bloque la situation !

    Comment pourrait-on sortir du nucléaire en France ?
    En appliquant le scénario négaWatt qui consiste à massivement faire des économies d’énergies et aussi développer les renouvelables.
    Que tout ceux qui veulent voir comment on peut transformer sa maison en une « maison des NégaWatts » viennent visiter ma maison le samedi 18 juin à 18h. Contact: yannick.earrd@wanadoo.fr

  3. Claude bouillet le 3 juin 2011 à 15:32

    Vous avez raison sur certains points à mon sens Hubert Fallourd, de même que Jacques REVY sur un grand nombre de points de son commentaire. Notre société ne se bâtit-elle sur des paradoxes ? Certains n’ont-ils pas tendance à se « polariser » sur des solutions comme étant les seules capables de répondre à nos besoins par des alternatives à d’autres solutions qu’ils jugent néfastes ? Jacques REVY pose une question judicieuse: Les énergies renouvelables sont-elles écologiques ?
    Nos dirigeants du moment font l’apologie du nucléaire car c’est la seule énergie à leur idée en mesure de répondre aux besoins gigantesques d’énergie pour une « croissance » indispensable à maintenir le pays à son niveau économique. Ont-ils raison ?
    Certains défenseurs de l’écologie préconisent l’usage d’ampoules à faible consommation pour réduire nos besoins en énergie. Savent-ils que ces ampoules font appel à des produits hautement toxiques ? Savent-ils que ces ampoules sont fabriquées dans des pays où la main d’œuvre docile est de bien faible coût parce que la législation du travail y est bien moins contraignante que chez nous et que les dirigeants de ces pays ne se préoccupent pas de la durée de vie de leurs travailleurs ni de l’état de santé dans lequel ils finiront leur vie après avoir subit la toxicité (dont les vapeurs de mercure) des produits manipulés.
    Autre paradoxe: On fait grand cas (surtout à des fins de communication écologique pour séduire l’électeur) du remplacement des véhicules à énergie fossile et certes « polluante » par des véhicules à propulsion électrique. Combien de centrales nucléaires supplémentaires seront nécessaire pour satisfaire nos besoins quand tous les véhicules thermiques certes néfastes seront remplacés par des véhicules électrique?
    Autres paradoxe encore: Tous les foyers sont équipés de cet appareil ménager indispensable -le réfrigérateur-. Ce n’est pas l’appareil domestique le plus puissant, mais c’est l’appareil plus gros consommateur d’électricité dans une année par son temps d’usage (bien plus que x ampoules non économiques). N’est-ce pas un paradoxe dans les foyers d’utiliser une énergie considérable à maintenir une température d’ambiance confortable dans un habitat et en même temps utiliser une énergie non négligeable pour, dans cette ambiance « chaude », maintenir le froid nécessaire à la conservation des aliments ? Cela quand pendant de longs mois de l’année la température extérieure est encore plus fraiche. N’y a-t-il pas une réflexion à mener sur des solutions quand on sait que la plupart des habitats sont dotés d’une terrasse extérieure ou d’un balcon?

  4. Hubert Fallourd le 2 juin 2011 à 23:34

    Je partage le point de vue présenté par Denis Guenneau et je répond principalement à Jacques Révy qui s’interroge à juste titre sur le bilan écologique de la fabrication des panneaux solaires et autres éoliennes. On parle toujours de l’énergie « grise » de ces fabrications sans la mettre en balance avec l’énergie nécessaire à la fabrication d’une centrale nucléaire comme si celle-ci était négligeable.
    Or si je n’ai pas de chiffres la simple vue des quantités de béton « astronomiques » ajoutées aux systèmes de sécurité, de refroidissement, ainsi que de l’emprise sur de vastes zones me laissent penser que la fabrication d’une centrale nucléaire consomme vraisemblablement autant sinon plus que l’équivalent en solaire ou éolien. Et je n’ai pas compté le démentellement.
    De toute manière si l’on n’est pas sûr de pouvoir sortir complètement du nucléaire rien n’empêche d’oeuvrer en ce sens et surtout pour le chauffage des bâtiments qui est une aberration énergétique.
    Quelle personne intelligente pourrait défendre un projet où pour chauffer un bâtiment on préfère produire de la chaleur et de la vapeur faisant tourner un générateur électrique avec un rendement très faible à quelques centaines de kilomètres, puis on achemine cet électricité avec des pertes en lignes considérables ( 2,4 kwh produit pour 1 kwh utile ) et on transforme le peu d’électricité restante pour la transformer en chaleur avec encore une perte au niveau de l’appareil de chauffage?
    Cessons de chauffer avec de l’électricité nucléaire et déjà cela permettra de diminuer le nombre de centrales. Ainsi nous serons sur la bonne voie

  5. Claude bouillet le 1 juin 2011 à 23:11

    Qu’importe Yan si les Allemands sont doux rêveurs ou clairvoyants, il est peu probable qu’ils retournent à la bougie et au cheval de trait. Sans doute développeront-ils un peu plus le charbon ou autre énergie fossile et émettront-ils plus de CO2, parce que les éoliennes et le photovoltaïque, pour faire fonctionner des TGV… ! N’oublions pas que c’est le pays le plus prospère d’Europe et l’un des plus prospères du monde. Une prospérité industrielle aussi, aux besoins énergétiques des plus importants! Dans cette décision de mettre un terme au nucléaire n’y a-t-il pas un peu d’hypocrisie? La France nucléarisée à 85% se fera un plaisir de lui revendre son électricité (même s’il faut pour cela réaliser d’autres centrales nucléaires).
    Nos très proches voisins Allemands seront peut-être rassurés de ne plus avoir de nucléaire chez eux, mais il faudra bien qu’ils vivent avec la crainte du nucléaire chez leur voisin Français. En dépit de certaines affirmations rassurantes mais trompeuses de « scientifiques » Français lors du drame lointain de Tchernobyl les nuages nucléaires ne connaissent pas de frontière.

  6. Jacques REVY le 31 mai 2011 à 17:20

    Je crois que ce problème est complexe, et que l’on peut difficilement y apporter des réponses définitives.
    Tout d’abord, c’est vrai que le nucléaire est dangereux, mais souvent les risques réels sont méconnus et fantasmés par les populations – Par exemple, au cours de notre café citoyen une personne nous a déclaré qu’elle craignait être irradiée en prenant une douche chez elle lorsque le nuage radio actif de Fukushima est passé au dessus de la France. Le nombre de victimes de la catastrophe de Tchernobyl, est aujourd’hui encore très controversé (voir l’article de Wikipedia). Les bouleversements politiques qu’a connu l’Ukraine à cette époque sont aussi responsables du mauvais état sanitaire de sa population.
    Je reste pour ma part persuadé que le véritable enjeu, au niveau planétaire, reste la lutte contre le changement climatique, et la réduction de notre consommation énergétique. Au cours de la canicule de 2003, il y a eu 70 0000 morts en Europe (combien cette année?).

    Remplacer les centrales nucléaires (qui ne produisent pas de CO2) par des énergies renouvelables (qui ne produisent pas non plus de CO2) ne règle pas de problème du réchauffement climatique, il est préférable de remplacer les centrales à énergies fossiles (gaz et charbon) par des énergies renouvelables (le potentiel des énergies renouvelables étant limitée).

    Je partage le point de vue de J.M. Jancovici à propos des énergies renouvelables.

    Les énergies renouvelables sont-elles écologiques ?
    Cette question surprendra peut-être, mais finalement sa réponse est loin d’être évidente. En effet, les énergies renouvelables ne sont pas uniquement vertueuses, ne serait-ce que parce qu’elles requièrent souvent une très grande occupation des sols pour fournir des quantités significatives d’énergie. Par exemple, remplacer une centrale nucléaire par de l’hydroélectricité (renouvelable) impose de noyer une vallée (le potentiel de ce que l’on appelle les « micro-centrales » est très faible). La mise en place d’un barrage affaiblit l’éco système aquatique. Est-ce souhaitable ? Le barrage des Trois-Gorges est-il écologique ?
    Remplacer une centrale nucléaire par l’énergie du vent impose de construire quelques milliers d’éoliennes ET de construire des centrales à énergie fossile ou des barrages pour les jours ou les heures sans vent (voir détails sur l’éolien). Est-ce un bon arbitrage ? Même remplacer le nucléaire par des panneaux photovoltaïques conduirait aujourd’hui à une forte augmentation des émissions de gaz à effet de serre car la fabrication dedits panneaux est encore une industrie assez consommatrice d’énergie et assez polluante. Si le potentiel du solaire à moyen terme est cependant très important, est-ce vraiment pour remplacer le nucléaire qu’il faut y recourir ?
    Enfin, comme le potentiel des renouvelables ne permettrait absolument pas de remplacer la totalité du nucléaire, « remplacer les centrales nucléaires par des renouvelables et des économies d’énergie » signifie, en pratique, une diminution de 50% minimum de la consommation d’électricité en France. Où et comment faisons nous de telles économies ? C’est plutôt sur ce point que, pour ma part, j’aurais tendance à me focaliser.

  7. Denis Guenneau le 31 mai 2011 à 15:29

    @ Patrick (Michaille?)

    Il ne s’agit pas d’idéologie, mais de principe de précaution. Un réacteur nucléaire en fusion ou qui explose, ce sont des conséquences dramatiques pour la population aux alentours de la centrale, et des impacts graves à l’échelle d’un continent, y compris les « quelques IVG » que vous citez un peu légèrement de mon point de vue.

    L’OMS annonce 16 000 morts pour Tchernobyl , mais par un accord datant de 1959 elle dépend de l’Agence International de l’énergie nucléaire (AIEA) pour tout ce qui concerne les effets du nucléaire sur les humains (http://www.independentwho.info/). D’autres sources tout aussi sérieuses parlent de plusieurs centaines de milliers de personnes ayant perdus une dizaine d’années de leur vie par mort prématurée.

    Pour le réchauffement climatique qui par contre vous soucie beaucoup, et c’est tant mieux, les énergies renouvelables vont remplacer le nucléaire, et pas du tout le charbon, qui est une ressource fossile qui ne se renouvelle pas. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, en 2010 , au niveau mondial, les centrales à énergies renouvelables installées (381 GW) ont dépassés les centrales à énergies nucléaires (375 GW) (source Silence de juin 2011 http://www.revuesilence.net/). En 2011, l’écart sera encore plus grand avec 11 réacteurs nucléaire en moins, et un essor important des énergies renouvelable. Heureusement, l’intelligence humaine progresse à pas de géant dans la production d’électricité à base d’énergies renouvelables.

    Il faut certes pour chacun d’entre nous faire un effort pour vivre sur d’autres paradigmes que ceux du 20ème siècles, ne pas gaspiller l’électricité en particulier, comme l’a rappelé justement Maurice dans ce dialogue, mais sans aller à la caricature de revenir à la bougie, comme semble être le mot d’ordre de ceux qui ne veulent pas bouger.

    L’avenir sans centrales nucléaire à fission, ni centrales à charbon, est possible, il suffit d’avoir la volonté politique de le construire.

    Bien à vous, Patrick

  8. Patrick le 30 mai 2011 à 14:19

    Idéologie, quand tu nous tiens !

    Autrement plus dévastateur que Tchernobyl, qui n’a fait d’autre victime en Allemagne que quelques IVG, le concombre d’Espagne fait onze morts et provoque 1200 cas en 10 jours aux pays des Grünen !
    http://www.20minutes.fr/article/732992/concombres-infectes-onzieme-mort-allemagne
    Pendant ce temps, l’Allemagne décrète la sortie du nucléaire en 2022, prétendant effrontément maintenir « pour l’instant » son « objectif » de réduire de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, par rapport à 1990 !
    http://actu.orange.fr/environnement/news/allemagne-dix-ans-pour-sortir-du-nucleaire-six-mois-pour-eviter-le-black-out_141958.html
    En attendant, les émissions mondiales de CO2 ont atteint leur plus haut niveau historique en 2010, dépassant de 5% leur précédent record enregistré en 2008, ce qui constitue un « sérieux revers » pour la lutte contre le réchauffement climatique, a annoncé lundi l’Agence internationale de l’énergie.
    http://actu.orange.fr/une/niveau-record-d-emissions-de-co2-un-revers-contre-le-rechauffement-climatique_141944.html

  9. yan13 le 30 mai 2011 à 10:21

    Ca y est c’est officiel, l’Allemagne fermera sa dernière centrale Nucléaire en 2022.

    Alors nos voisins sont-ils clairvoyants ou sont -ils de doux rêveurs qui s’apprêtent à retourner à la bougie et au charbon ?

    Quelques éléments de réponse dans ce dossier spécial de Der Spiegel:
    http://www.spiegel.de/flash/flash-25497.html

  10. Maurice le 30 mai 2011 à 3:38

    Une idee me vient : plusieurs membres de ma famille et des amis travaillent a edf ou gdf. Ils payent 10% du tarif de l’énergie qu’ils consomment, et ils consomment tant qu’ils peuvent, sans aucune modération. EdF et Gdf devraient transformer en salaire cet avantage, ils se mettraient a faire attention.
    Des dizaines de milliers de familles sont concernées …

  11. Bernard le 27 mai 2011 à 18:35

    Merci aux intervenants pour cette soirée intéressante qui m’a permis d’éclaircir mes idées sur ce sujet difficile.

  12. Denis Guenneau le 27 mai 2011 à 14:51

    J’ai présenté un scénario d’abandon de l’électricité d’origine nucléaire en PACA sur 10 ans.
    Les chiffres ayant surpris une partie de l’auditoire,, je les reprends ici pour qu’ils puissent les analyser.

    Consommation électrique en PACA de 40 080 Giga Watt (GW)pour l’année 2009, avec une pointe moyenne en hiver de 6,06 GW , chiffres en baisse de 2% par rapport à l’année 2008.

    A comparer avec la production d’électricité en PACA de 15 217 GW, pour la même année 2009, dont près de 10 000 GW en énergie renouvelable (hydraulique, solaire, éolien, …).

    Notre déficit en électricité fait que la région PACA « importe » près de 25 000 GW par an, la majorité d’origine nucléaire (Tricastin dans la Drôme).

    Pour ne plus avoir d’électricité d’origine nucléaire en PACA, et de devenir autonome pour notre électricité, le scénario proposé est de diviser par 2 notre consommation électrique, et de multiplier par 2 notre production en énergie renouvelable.

    La division par 2 de notre consommation en 10 ans est tout à fait réalisable, et d’ailleurs la baisse est amorcée déjà depuis 2 ans.

    La grosse masse sur laquelle opérer, est d’abord le chauffage électrique qui oblige à un sur-dimensionnement en nombre de réacteurs nucléaires pour pouvoir absorber les pointes hivernales. En jouant à la fois sur les autres technologies de chauffage (bois, solaire, gaz, ..) et sur l’isolation des habitats, le gain potentiel est de 10 000 GW annuels, et sur une baisse significative de la pointe annuelle hivernale d’un tiers potentiellemnt.

    Le remplacement progressif sur 10 ans des appareils électriques (chauffe eau, électroménager, ampoules, …) par du matériel bien plus performant permettra un gain potentiel de 5 000 GW annuel.

    le changement des comportements individuels ou collectifs vis à vis de l’électricité trop bon marché (tarification progressive, alertes de consommation, tarif EJP réactivé, éclairage public restreint, plan de restriction énergétique dans chaque municipalité..) pourrait amener un gain potentiel de 10% de notre consommation actuelle soit 4000 GW

    La relocalisation de notre production électrique permettra d’éviter les pertes liées au transport de l’électricité qui se chiffrent actuellement à plus de 2000 GW pour PACA qui ne seront plus que de 1000 GW dans 10 ans, soit un gain de 1000 GW.

    Au total en 2021 nous ne consommeront plus que 20 000 GW en PACA en suivant ce scénario.

    Pour doubler notre production d’électricité renouvelable en PACA, les axes proposés par ce scénario sont :

    - l’hydraulique qui passerait de 9 800 GW en 2009 à 12 000 GW en 2021 grâce principalement aux micro centrales de la taille d’une maison, qui au bord de torrents de montagne peuvent produire en moyenne 10GW par an. 220 de ces micro centrales dans les Alpes généreraient 2 200GW annuels (pour les sceptiques, la micro centrale de Saint Paul en Ubaye (Alpes de Haute Provence) a produit 6,5 GW en 2008 grâce à un torrent de 5m de large seulement.

    - L’éolien qui passerait de 150 GW en 2010 à 6 000GW en 2021, augmentation considérable, mais réaliste en sachant que la région Languedoc Roussillon produit actuellement plus de 10 000 GW par an, que l’Espagne produit 40 000 GW, et que des éoliennes bien plus performantes arrivent sur le marché, multipliant par 2 les capacités de production de chaque éolienne.

    -Le solaire passerait de 110 GW en 2010 à 2 000GW en 2021 si 10% des toitures de PACA étaient équipées de panneaux photovoltaïques (1000 GW annuels), et si une centaine de fermes solaire de taille réduite étaient implantées (Vinon et Manosque produisent chacune 6GW, avec la technologie actuelle alors que des progrès considérables sont annoncés pour cette technologie en pleine croissance). Le potentiel solaire a été estimé pour la région PACA à 8 000 GW en 2030 par l’ADEME. 25% de ce potentiel en production en 2021 est tout à fait plausible.

    -D’autres énergies renouvelables, non chiffrées ici apporteront leur part, sans être significatives (biomasse, courants marins, géothermie, …) pour un potentiel estimé à 1 000 GW en 2021.

    Le total des ces productions d’énergie renouvelables s’établirait donc également à 20 000 GW.

    Ainsi on voit qu’il est possible d’être autonome pour notre électricité en PACA, sans avoir recours au nucléaire ni aux énergies fossiles.

    J’y apporterait un bémol, car si les chiffres sont cohérents en masses annuelles, il faut pouvoir traiter les pointes hivernales.
    Pour cela, le scénario propose de conserver les centrales au gaz, et au charbon qui ne seront activées que pendant les heures de pointe hivernale, limitant ainsi leurs désagréments mis en avant par l’énergie nucléaire (pollution aux gaz à effet de serre, pollution au souffre, pollution atmosphérique, …).
    Une autre manière de traiter les pointes serait l’interconnexion planétaire des réseaux de production (elle existe déjà au niveau européen), ou un sur-dimensionnement de l’hydraulique pour sa capacité de production importante 24H/24 en hiver.

    Ce scénario n’est qu’un des scénarios possibles, mais il montre que comme la majorité des pays de la planète, nous pouvons nous passer de cette électricité d’origine nucléaire, tellement dangereuse pour l’avenir de l’espèce humaine.

    Tchernobyl a évité le pire grâce à 800 000 liquidateurs sacrifiés par le régime soviétique, Fukushima empire de jour en jour, et tepco recrute des SDF à Tokyo pour aller liquider les réacteurs en fusion.

    Que ferons nous en France en cas d’accident grave sur une de nos centrale?

    Voir le dossier consacré à ce problème dans la revue scientifique de référence en langue française « La Recherche » de JUIN 2011 en vente dans tous les kiosques.