Réflexion sur l’éthique municipale

21 novembre 2010 par J. REVY | 3 Commentaires | 1 491 vues

Europe écologie organisait dimanche 21 novembre à la Campanella une rencontre à laquelle participaient ses dirigeants nationaux : Eva JOLY, A. Michèle Rivasi, Laurence Vichnievsky, Alain Lipietz, et Pascal Durand.

Assistance assez importante (environ 200 personnes) composée principalement de militants de la région (capacité de la salle un peu faible).
Europe écologie part du constat que la politique aujourd’hui ne répond plus aux attentes de la société. Selon un sondage mené cette année, plus de 71 % des Français ne font pas confiance aux hommes et femmes politiques qui les représentent, d’autre part le taux de participation aux élections est en baisse. Quelles sont les dérives possibles dans la fonction élective, la gouvernance et le fonctionnement des collectivités ? Quelles sont les réponses à apporter ?

Beaucoup de pratiques ne sont plus aujourd’hui acceptables : des procureurs qui enterrent des affaires, une collusion entre des groupes privés et des organismes internationaux (des experts de l’OMS qui sont employés par certains grands groupes), des élus qui favorisent leurs proches ou leurs amis dans l’obtention de logements ou d’emplois, une dérive également au sommet de l’État (surveillance des journalistes), il devient donc aujourd’hui nécessaire d’agir.

A travers trois tables rondes : l’éthique et la gouvernance, l’éthique de la fonction élective, et l’éthique du fonctionnement d’une collectivité, des réponses ont été apportées par les participants :

  • Les élus doivent être porteur d’une éthique personnelle
  • Ils ne doivent pas avoir le monopole de la définition de l’intérêt général.
  • Ils doivent savoir écouter et aider les citoyens à apporter une contribution aux projets.
  • Mettre en place des chartes et une éthique de la fonction élective avec une évaluation périodique.
  • Construire progressivement un climat de confiance dans le respect des règles avec les administrés.
  • Limiter le cumul et la durée des mandats.
  • Donner une formation aux élus.
  • Développer des contres pouvoir avec des alertes (possibilité de mettre un «carton rouge» à certains élus).
  • Les fonctionnaires doivent également avoir une éthique et avoir un droit de retrait.
  • Développer l’éthique également dans la gestion des services municipaux.
  • La place de l’opposition : l’informer, lui donner la présidence de certains commissions.
  • Une gestion transparente (notamment pour l’attribution de subventions, de logements etc..).
  • Pour beaucoup la démocratie actuelle ne permet pas une représentation satisfaisante de l’ensemble de la société et de nouveaux systèmes restent à inventer.
Après-midi intéressante, qui met bien l’accent sur les dysfonctionnements actuels de notre système démocratique, même si les solutions ne sont pas toujours faciles à trouver.
Merci à Europe Écologie.

Voir le reportage sur TV7 Provence

3 Réponses pour “ Réflexion sur l’éthique municipale ”

  1. J. REVY le 22 novembre 2010 à 12:41

    La mise en place d’une véritable démocratie participative (ou nouvelle gouvernance) est effectivement très difficile comme le souligne Daniel.
    - C’est difficile pour les élus tout d’abord, qui doivent réaliser leur programme électoral et la concertation est souvent perçue comme un frein et une perte de temps. D’autre part même si l’on met en place une concertation, on n’arrive très rarement à un consensus (les riverains d’un projet ne veulent pas qu’il se réalise).
    - C’est difficile pour les services municipaux, qui sont très centré sur leurs activités et voient la concertation aussi comme une perte de temps.
    - C’est difficile aussi pour le milieu associatif enfin qui craint toujours d’être « manipulé » par les élus et hésite avant de s’engager dans une collaboration avec les autorités.
    Cette nouvelle gouvernance, qui passe aussi par une formation, sera le fruit d’un apprentissage collectif, qui sera long et difficile, il faudra sans doute mettre en place un système de régulation partagé qui corrige progressivement les dérives.
    C’est d’ailleurs un des objectifs de l’Agenda 21, que de contribuer à mettre en place un tel processus.

    Je réponds également à Denis à propos du dernier Grenelle de l’environnement à Venelles. Sur le principe c’est une bonne idée, d’inviter les citoyens à faire part de leurs projets (la réunion a d’ailleurs connu un certain succès). Il y a eu beaucoup de propositions, (près de 60) et la collectivité ne pouvait pas bien sûr les retenir tous. Mais nous constatons que pour l’instant (un an après) un seul projet va être entrepris (le GT sur le bruit), à mon avis, il ne faut pas renouveler cette rencontre sous cette forme.

  2. Denis Guenneau le 22 novembre 2010 à 11:02

    Une salle de la campanella archicomble pour la venue du gotha du nouveau mouvement politique érigé en coopérative « Europe Ecologie Les Verts ».

    L’atelier sur la gouvernance auquel j’ai participé a mobilisé plus de 50 personnes qui ont tous eu la possibilité de s’exprimer grâce à une gestion remarquable du temps de parole. Aucune frustration donc puisque tous ceux qui ont voulu prendre part aux échanges l’ont fait, et si la synthèse de l’atelier simplifie bien entendu ce dialogue démocratique, il résume bien les interrogations et les propositions qui ont émergées, pas toujours dans l’unanimité (cf le tirage au sort), mais bien dans une dynamique globale de recherche d’alternatives au système actuel.
    Si cela intéresse quelques uns, je possède l’enregistrement audio de cet atelier de plus d’une heure que je peux transmettre sur CD (me le demander via le blog du site).

    La cerise sur la gâteau étaient les interventions des personnalités présentes pour répondre aux résultats des ateliers.

    Nous avons alors dépassé le clochemerle de l’environnement venellois ou aixois, pour dialoguer avec ceux qui porteront le projet écologique aux prochaines élections présidentielles. Ce fut pour moi l’occasion d’échanger avec Eva Joly de l’opportunité de porter le débat des présidentielles sur la lutte contre la corruption financière. Je reprendrais ici le titre du livre qui place l’écologie au centre d’un système de société « Ne soyons pas des écologistes benêts ».

    Alors, les futurs élus verts seront ils identiques à ceux qui ont le pouvoir depuis des décennies, ou bien auront ils le courage de faire différemment de la politique, pour regagner la confiance de ces 71% de français qui ne votent plus, ou votent sans conviction?

    J’ai bien sûr mon avis, puisque j’ai participé à cette après midi

  3. 13770 le 22 novembre 2010 à 8:16

    Une réunion certainement fort intéressante… mais on entend toujours les mêmes discours… et les conclusions sont toujours les mêmes. Éthique, confiance, transparence, cumul des mandats, les années passent, les élus changent mais les défauts du système persistent. Que faire ?